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Visite du village et de la demeure de l'amusnaw et savant religieux Cheikh Said Ayadjar à Bouzeguene

Tizi-ouzou, 28 mars 2009 (bms)- Les participants au colloque scientifique sur le savant religieux Cheikh Said Ayadjar organisé jeudi au centre des œuvres sociales de la Wilaya de Tizi-ouzou, se sont rendus vendredi à son village natal Ait Sidi Hand Ouali (dit Ait Mizare), commune de Bouzeguene où ils se sont recueillis à sa mémoire et ont visité sa demeure.

    Les villageois ont accueilli les visiteurs sur la place du village (tajmâat), pavoisée aux couleurs nationales, avant de les accompagner à la demeure du défunt cheikh sous des airs de chants religieux déclamés par une troupe d'Azazga.
    La modeste demeure de cheikh Said Ayadjar mérite de gros travaux de restauration que l'Etat devrait engager par équité à la famille de cet amusnaw (sage) en raison de son importance et qui mérite d'être classée patrimoine historique. C'était le lieu où le cheikh réglait les différends entre les gens qui évitaient la justice coloniale.
    Cette deuxième journée d'hommage à cheikh Said Ayadjar (en arabe El YADJRI) a été également l'occasion de voir de nombreuses personnes apporter de nouveaux témoignages sur l'action de cette personnalité. 
    La veille l'ancien ministre de la justice, Mohand Cherif Kherroubi a souligné l'influence ''nationale'' qu'avait le cheikh. ''Il ne parlait que le kabyle ou l'arabe classique et jamais de ''darja'' (dialecte)'', a-t-il dit.
    D'autres intervenants dont Cheikh Mohamed Tahar Ait Aldjet, qui a fait le déplacement malgré ses 93 ans, loueront le rôle d'éducateur de cheikh Said Ayadjar que certains s'évertuent à appeler Al-yedjri en arabisant le nom du aarch ath yedjar dont il est issu (actuelle commune de Bouzeguene).
    ''Ceux qui ne connaissaient pas cheikh Said Ayadjar en sont impressionnés et ceux qui le côtoyaient en restaient admiratifs'', a déclaré Cheikh Mohamed Tahar Ait Aldjet.
      Le colloque, qui a réuni de nombreux participants, a adopté une série de recommandations dont celle de la perspective de créer une fondation portant son nom pour valoriser son œuvre éducatrice et celles d'autres savants religieux comme lui qui restent dans l'anonymat au moment ou le pays a besoin que leur exemple serve de chemin au nouvelles générations.
    Notons que sa famille, les citoyens de son village et de nombreux villages de Bouzeguene, ont tenu à être présent à cet événement. Parmi eux, le moudjahid cheikh Mahfoudh du village Ait Ikhlef a tenu à témoigner en marge de la rencontre du respect qui était dû au cheikh en se rappelant comment lorsqu'il était élève à l'école du village il se précipitait avec d'autres à saluer le cheikh contrairement à leur maître d'école (coloniale).
    Cheikh Said AYADJAR était de son vivant non seulement un savant religieux mais aussi un ''amusnaw'' (sage Kabyle) qui savait régler les différends entre les gens à l'image de Cheikh Mohand Oulhoucine. Il est né en 1873 au village Ait Mizare du AARCH ATH YADJAR, actuelle commune de Bouzeguène, située à 70 km à l'est de TiziOuzou.
    Il avait formé de nombreux taleb à travers plusieurs zaouaya (écoles coraniques) de la Kabylie. Il était parmi les fondateurs de l'association des ulemas algériens. Décédé le vendredi 5 octobre 1951, il sera enterré deux jours plus tard au carré familial du cimetière de son village en présence d'une foule impressionnante.
Belkacemi Mohand Said
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