"Les
témoins de BMS"
L'annonce précédente de ce premier roman, que je compte éditer
en France, a été mal comprise par certains. Je voudrais préciser
à certains de mes frères ''par contrainte (ayethma nbessif,
comme dit Ait Menguellet)'', ne vous affolez pas, c'est juste un roman
sorti de mon imagination. La ''trame'' tourne autour d'un crime qui sera
commis et qui vise BMS, c'est-à-dire le journaliste que je suis.
Mais les ennemis d'un journaliste sont tellement nombreux que celui-ci,
très conscient de cette situation, devient très soupçonneux
au point de voir un attentat à chaque coin de rue.
Parce que le journaliste travaille
dans le secteur public, il est donc mal vu par l'opposition et mal considéré
ou mal estimé par les gens du pouvoir. Pour son malheur, c'est un
kabyle musulman. Il sera donc mal vu par des bougres d'Alger qui le voient
toujours, avec un zeste de racisme, comme un berbériste et par des
bougres de Tizi-ouzou qui le prennent pour un islamiste et donc un arabo-islamique
et donc un traître et donc KDS (kabyle de service) et donc. Ajoutez
à cela le caractère de feu du journaliste qui ne se laisse
pas compter, vous comprendrez qu'il soit sur ses gardes à chaque
coin du …roman.
Je raconte l'histoire à
la façon de la fiction de mon confrère Hmida Layachi d'Algérie
News. C'est-à-dire que les personnages auront des noms réels.
Lorsque vous lirez le roman vous ne serez pas étonnés du
genre de criminels qui vont l'assassiner. Ils ont le profil de l'emploi.
Le roman, je vous le concède,
comprend également un message codé qu'il vous sera loisible
de découvrir si par malheur la réalité dépasse
la fiction. Ce sont mes principauxc suspects.
Le roman sera diffusé
sur cette page que je vous invite à revenir souvent visiter.
A partir d'aujourd'hui, s'il m'arrive
quoi que ce soit, vous êtres témoin que c'est un crime. J'ai
déjà consigné les noms et les preuves de ce crime..
Mais pas question de vous en dire davantage. Je ne suis pas pressé
de mourir et vous comprenez que je tente bien de faire reculer l'échéance…
Soyez patients comme je le suis.
J'adapterais bien entendu
l'histoire si c'est eux qui venaient à mourir avant moi. Je titrerais
alors le roman ''Les chemins de l'enfer, cas de Flen et consorts''.
Extrait:
Ce jour-là, j'ai bien chronométré
mon déplacement à Alger comme à mon habitude. J'ai
toujours en tête l'idée qu'un fou islamiste ou berbériste
peut être manipulé pour tenter de m'agresser. Je suis coincé
entre ces deux types de personnages, comme vous l'êtes peut être
si vous êtes assez franc pour affirmer vos traits de personnalité.
Ainsi revendiquer sa langue
Amazigh et défendre son écriture en caractères latin
est presque péché pour les extrémistes islamistes
ou les panarabistes (baathistes). A contrario, revendiquer sa religion
musulmane et vouloir construire une mosquée ou y participer est
une traîtrise pour quelques illettrés berbéristes de
la cause amazighe ou kabyle.
Je n'ai pas besoin de vous
raconter les termes d'un certain kabyliste sur internet à
mon encontre. S'il y a pire terroriste que celui-ci je jure de … tailler
ma moustache.
Hein! Que croyez vous? Je
ne vais quand même pas la couper pour des gens pareils?
Mais le danger qui me guette
ne vient pas de ces gens là. Il vient de gens plus sournois que
la hache, la balle ou le couteau d'un terroriste à un faux barrage.
Le danger que je sens m'accompagner chaque jour quand ''je descends'' à
Alger ou que je ''monte'' à Tizi, vous ne le saurez pas de sitôt.
Vous ne le ressentirez jamais assez comme moi. Vous le révéler
dès à présent, c'est prendre le risque de vous voir
ne pas vous intéresser à ce roman. Or moi je veux au moins
que ma mort serve à une cause quelconque comme celle de voir mes
assassins cités en exemple pour que leurs méfaits ne se reproduisent
plus ou que des gens pareils ne puissent continuer à nuire… Patience!
vous saurez tout mais il faut suivre mes péripéties…
A la gare routière
de Tizi-ouzou, et dans ma précipitation, j'ai failli écraser
une mendiante dans les escaliers en voulant éviter de tomber sur
un de ses confrères. Je voulais rejoindre sans me faire remarquer
le bus de Makhlouf Dris avant qu'il ne rentre sur le quai.
Le jeune Rabah, le receveur,
m'a accueilli avec son sourire juvénile et légendaire.
- Alors Rabah comment ça
va ?
- Comme-ci comme-ça
… Tu peux monter Aâmi Said. On rentre sur le quai à 16 h 15.
C'est presque le moment.
Sur ce je monte dans le bus
jaune et j'ai choisi le siège n°14. Je ne suis pas superstitieux
pour éviter le 13 mais c'est le seul endroit qui me tranquillise.
Entre nous Rabah m'applique un tarif avantageux de 80 à 100 DA au
lieu 120 DA. Je n'ai jamais demandé cette réduction mais
lui ou d'autres receveurs comme Dahmane, Youcef, Nadir m'appliquent ce
tarif préférentiel qui me permet de prendre à l'arrivée
une Mhadjeb ou deux avant mon diner à Ruisseau, généralement
un plat de Loubia (haricots secs) à 70 DA.
De derrière la vitre
je vois deux bonhomme discuter et me regarder d'un certain air. Je sais
que ceux-ci peuvent être des agresseurs comme ils peuvent être
des gens ordinaires offusqués seulement par le fait que je sois
monté dans le bus avant tout ce beau monde qui attend. Je devais
prendre en considération la situation dans le premier sens mais
je me ''contrefiche'' si c'est le deuxième cas sachant que le piston
en Kabylie est plus qu'assumé ou toléré: il est recommandé
d'en recourir … la tête haute. Pourquoi m'en priverais-je alors?
Je n'ai pas fini de me rassurer
avec mes arguments en matière d'éthique de griller la priorité
aux autres que je vois l'un des deux bonhommes pointer du doigt en ma direction.
Je commence à m'inquiéter sérieusement. L'un d'eux
se détache alors et vient dans ma direction. Mon cœur s'emballait!
Le gus s'approche du bus et monte. C'est fini! je vais mourir. Il va tirer
sur moi. J'eus pour réflexe de réciter la chahada pour mourir
tranquille: La illah ila Ellaaaah, Mouhamed Rassoul Ellah.
Cependant dès que nos
yeux se sont croisés le bonhomme me sourit. C'est pas normal ça.
Un criminel développe un rictus su son visage avant de tirer. Lui
pas. C'est quoi cette histoire? Je suis à peine sorti de mon étonnement
qu'il m'assomme … avec une question:
- Est-ce que ce bus s'arrête
aux Issers (ville à mi chemin entre Tizi-ouzou et Alger)?
J'étais
resté sans voix. Il y a de quoi. Je viens d'échapper à
un autre … attentat.
Vous, qui avez lu, êtes désormais mon témoin.
Bravo!
Belkacemi Mohand Said
Kabylie.unblog.fr
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